J'ai toujours eu une profonde aversion pour l'injustice, qu'elle m'ait touchée ou qu'elle touche les autres. Je sais qu'il ne s'agit que d'indignation et que ma conscience ne vise pas spécialement ce qui se fait ou ce qui ne se fait pas. Juste un besoin d'équité et d'impartialité...

Encore aujourd'hui j'ai envie de me battre contre elle et c'est le sens de ma démarche actuelle puisque je viens de déposer un dossier pour devenir Juge de Proximité

A méditer...

Le concept d'« injustice » est négatif, il est le contraire du concept de « justice », il se définit donc étymologiquement en rapport à son positif. L'injustice pourrait donc se définir comme ce qui est contraire à la justice – et sa définition dépendrait donc de celle que l'on attribue à la justice. Alors, l'injustice sera-t-elle ce qui caractérise les actes qui sont contraires à la justice ? Mais ces actes sont-ils les actes qui n'ont pas explicitement la justice comme motivation (je commets tel acte parce que je tiens à aller contre la justice, parce que mes motivations, ou même mon caractère, est injuste) ? Ou sont-ils ceux qui, involontairement, causent du tort à la justice (je commets tel acte sans vraiment en connaître toutes les conséquences, or il se trouvent que ces conséquences sont injustes) ?

L'injustice est-elle consciente, est-elle une opposition délibérée à la justice, ou est-elle le résultat d'une ignorance de ce qu'est la justice ? Autrement dit, l'injustice peut-elle ou non avoir un contenu positif et actif ? La manière dont on définira l'injustice dépendra en premier lieu de la branche que l'on choisira dans cette alternative.

L’injustice est un concept négatif, au sens où il ne se comprend que par opposition à la justice. On dira que ce qui est injuste, c’est ce qui ne respecte pas la justice. Pour déterminer ce qu’est une injustice, il faut donc envisager en quels sens on peut ne pas respecter la justice.

La justice peut s’entendre d’abord comme conformité à la loi. En effet pour qu’une action puisse être dite juste ou injuste, il faut pouvoir l’évaluer par rapport à un critère. Or en l’absence de loi on n’aurait aucun critère pour évaluer l’action. Dans cette perspective, l’injustice se comprendra alors comme le fait de ne pas respecter la loi. Si le fait de ne pas respecter la loi est injuste, c’est que la loi est censée être la même pour tous, et qu’elle est donc censée garantir à chacun les mêmes droits, mais impose également à chacun les mêmes devoirs. Donc celui qui ne respecte pas la loi rompt l’égalité devant la loi est se comporte donc de manière injuste, puisqu’il n’assume pas la part de devoirs qui lui revient.

On peut pourtant faire remarquer que la légitimité ne se confond pas avec la légalité. Il se peut en effet que la loi elle-même ne soit pas juste. Dans cette mesure il peut être injuste de respecter la loi, et juste de la transgresser. L’injustice sera alors non plus de ne pas respecter la loi positive, édictée par les hommes, mais de contrevenir à une norme de justice inscrite dans la nature même des choses.

Mais il se peut aussi qu’une loi juste donne lieu à des applications injustes de la loi. En effet la loi étant par essence générale, elle ne peut anticiper sur les cas particuliers qui se présentent. Il se peut alors que la loi soit juste dans son principe, mais donne lieu à des applications injustes. L’injustice est alors manque de jugement, c'est-à-dire incapacité à appliquer la loi avec discernement.

Il s'agit là d'un développement concernant l'injustice dans son cadre "juridique" puisque c'est ce qui est censé me concerner.

Mais l'injustice peut aussi se subir dans un cadre beaucoup plus ordinaire quand, par exemple, vous avez le sentiment d'avoir donné tout ce que vous pouviez et que le retour ne se fasse pas...Ce que vous estimez être de l'injustice devient alors de l'incompréhension, de la frustration, de la colère et de la révolte...

Tout le monde peut être concerné...