Hôpital de Rangueil, les urgences.

« Chambre 25 » m'a-t-on dit dans le hall d'entrée...

Le couloir sent le propre, le sol crisse sous mes pas, je croise des blouses, des blouses blanches, quelques blouses bleues...

Chambre 25...je tape à la porte.

Il est là, allongé sur le lit, amaigri, un vague rictus qui se veut sourire...

Toujours chaleureux , comme si c'était moi le malade...

« c'est rien, un infarctus on s'en remet maintenant, il faut que je sorte vite, on a besoin de moi... »

« On », c'est l'entreprise, son entreprise.

Pas la peine de discuter, pas la peine d'essayer de le raisonner, « on » a toujours raison, la santé passe après...

Et quand il dit « on », ce n'est pas par forfanterie ou par sentiment d'être indispensable, non, « on » c'est par altruisme, c'est pour les autres, uniquement les autres, la famille, les salariés, les clients, les amis...les galères...

J'ai envie de lui dire ...lui dire quoi? ...Que sa santé passe avant ? Qu'il faut lever le pied ? Qu'il lui faut du repos? il le sait parfaitement...il n'écoute pas...

Il n'y a que « on » qui compte...

Je me sens effectivement plus malade que lui...

En redescendant, je croise un ami qui habite maintenant à l'étranger...il est de passage, il revient régulièrement à Toulouse pour ses séances de chimio...

Ainsi va la vie...

The passenger (Iggy Pop)