Pendant des années j'ai adoré « chiner », à la recherche du rasoir à main qui manquait à ma collection, du vieux bouquin que je ne lisais jamais ou encore de la cruche en grès qui de toutes façons finissait au fond d'un placard !

Il m'est même arrivé d'être là aux aurores, une lampe à la main, au milieu des vrais marchands qui achetaient aux vrais marchands , à un prix ... de marchand !

L'avènement des vide-greniers a gâché tout mon plaisir car du fait de leur multiplication et de l'appauvrissement corrélatif du patrimoine, je ne trouve plus maintenant l'objet d'origine, unique, celui qui forcément était fait pour moi...les belles pièces ne « tournent » plus comme avant, surtout que pour la plupart elles sont déjà parties aux Etats-Unis, en Italie ou en Espagne, sans espoir de retour !...eh oui, le pouvoir d'achat est ailleurs aujourd'hui...

Dimanche dernier, à PEZENAS, ma ville d'adoption actuelle, je me suis levé moins tôt que d'habitude pour aller faire un tour au déballage, réservé "aux professionnels" , qui bloque la rue principale deux fois par an.

Un monde fou pour une marchandise triste à pleurer !

Je me demande comment les gens peuvent acheter des objets qui non seulement n'ont aucun intérêt et ne sont pas beaux mais encore à des prix tellement exorbitants que l'on peut penser que les marchands confondent encore les francs avec les euros : on a laissé les prix, mais on a mis euro à la place de franc !

Un broc à eau vaguement émaillé à 75 €, un panier en osier moisi à 40 €, une fourchette à laquelle il manque une dent (oui, mais en métal argenté, mon bon monsieur !) à 35 € !

Je n'ai pas dû me réveiller, je rêve !

Ah, avec le temps, tout fout le camp, mon cher Léo...